
L’acupuncture s’est imposée en quelques années comme l’une des médecines complémentaires les plus demandées en France. Que vous consultiez pour des douleurs chroniques, un sevrage tabagique ou un accompagnement de FIV, la question revient systématiquement : comment ces séances sont-elles remboursées par l’Assurance maladie et par la mutuelle ? Entre actes codifiés, parcours de soins coordonné, forfaits « médecines douces » et statuts spécifiques des frontaliers, le cadre de prise en charge est beaucoup plus technique qu’il n’y paraît. Comprendre ce cadre vous permet d’anticiper votre reste à charge et d’ajuster précisément votre contrat santé à votre pratique de l’acupuncture, qu’elle soit occasionnelle ou intensive.
Cadre légal du remboursement de l’acupuncture en france : sécurité sociale, LAMal frontaliers et directives HAS
Actes d’acupuncture reconnus par la sécurité sociale : liste des codes CCAM et conditions de facturation
Pour l’Assurance maladie, une partie des actes d’acupuncture relève de la nomenclature officielle des actes médicaux. Le code de référence le plus utilisé est QZRB001, qui correspond à une séance d’acupuncture réalisée par un médecin. Ce code était initialement valorisé à 18 € dans la CCAM, en plus de la consultation médicale, ce qui permettait une facturation « consultation + acte technique ». Dans la pratique actuelle, beaucoup de médecins acupuncteurs facturent soit exclusivement la consultation (acte clinique), soit la consultation et l’acte selon les règles locales de leur caisse, d’où des variations de facturation selon les cabinets.
Pour que l’acte d’acupuncture soit remboursé, plusieurs conditions doivent être réunies : le praticien doit être médecin, conventionné avec l’Assurance maladie (secteur 1 ou 2), utiliser la codification officielle (consultation, éventuellement QZRB001) et respecter les règles de non-cumul d’actes le même jour si une autre technique est réalisée. Lorsque la consultation est cotée en tant que simple consultation de médecine générale ou de spécialité, le remboursement s’effectue sur la base de cette consultation, l’acte d’acupuncture étant alors considéré comme intégré au service rendu.
Différence entre acupuncture médicale (médecin conventionné) et acupuncture de bien‑être (praticien non médecin)
Sur le plan juridique, l’acupuncture médicale est réservée aux médecins (et, dans un cadre obstétrical précis, à certaines sages-femmes formées). Ces professionnels relèvent de la convention médicale et facturent des actes reconnus par l’Assurance maladie. À l’inverse, un acupuncteur non médecin exerce une acupuncture dite de bien‑être ou de confort, même si la pratique peut être rigoureuse. Cette distinction est cruciale pour vous : dans le second cas, aucun remboursement par la Sécurité sociale n’est possible, car l’acte est considéré comme hors nomenclature (HN).
Environ 95 % des praticiens d’acupuncture en France ne sont pas des médecins conventionnés, ce qui explique pourquoi tant de patients constatent une absence totale de remboursement par la Sécurité sociale. La reconnaissance d’un diplôme universitaire (DU ou DIU) pour les médecins n’ouvre le droit au remboursement que si le praticien est effectivement déclaré comme médecin conventionné auprès de la CPAM et facture selon la nomenclature.
Règles de prise en charge pour les assurés français travaillant en suisse (LAMal, CMU frontalière, caisse primaire)
Pour un assuré français travaillant en Suisse, le remboursement de l’acupuncture dépend du choix initial entre LAMal et CMU frontalière. Si vous êtes affilié à la LAMal avec couverture en France via une caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), les soins effectués en France suivent les règles classiques de l’Assurance maladie française : remboursement possible pour l’acupuncture médicale chez un médecin conventionné, selon les mêmes bases de remboursement (BRSS) que pour les autres assurés.
Pour les soins réalisés en Suisse, la situation varie selon la caisse LAMal : certains contrats suisses prévoient une prise en charge partielle de l’acupuncture lorsqu’elle est effectuée par des praticiens reconnus (médecins, thérapeutes agréés ASCA ou RME), souvent sous forme de forfait. Dans le cas d’une affiliation à la CMU frontalière, les règles de remboursement sont alignées sur celles des autres assurés français, quelle que soit la localisation de l’employeur, mais uniquement pour les soins réalisés dans le système français ou en situation de soins programmés à l’étranger selon les règles européennes.
Recommandations de la haute autorité de santé (HAS) et influence sur les modalités de remboursement
La Haute Autorité de Santé (HAS) joue un rôle d’arbitre scientifique. Ses avis sur l’efficacité de l’acupuncture pour certaines indications (douleurs, nausées post‑opératoires, maux de tête) influencent indirectement les choix de remboursement, tant du côté de la Sécurité sociale que du côté des assureurs complémentaires. La HAS reste prudente : les études montrent des bénéfices pour certaines douleurs chroniques et les effets secondaires de chimiothérapie, mais l’acupuncture n’est pas considérée comme un traitement de première intention.
Dans ce contexte, l’Assurance maladie se limite globalement à rembourser l’acte médical (la consultation) plutôt que la technique d’acupuncture en tant que telle. Les mutuelles s’appuient aussi sur ces recommandations : certaines renforcent leurs forfaits médecines douces pour des indications validées, tandis que d’autres conservent une approche forfaitaire globale, sans distinction de pathologie, considérant l’acupuncture comme un soin de confort ou de prévention.
Remboursement de l’acupuncture par l’assurance maladie obligatoire : tarifs, base de remboursement et taux de prise en charge
Consultation d’acupuncture chez un médecin conventionné secteur 1 : BRSS, ticket modérateur et dépassements
Lorsqu’un médecin généraliste ou spécialiste de secteur 1 pratique l’acupuncture, la Sécurité sociale rembourse sur la base du tarif de consultation classique. Dans le cadre du parcours de soins coordonné (passage par le médecin traitant ou médecin correspondant déclaré), la base de remboursement est généralement de 25 € pour un généraliste et 30 € pour certains spécialistes. La prise en charge standard est de 70 % de cette base, soit 16,50 € pour un tarif de 25 €, diminués de la participation forfaitaire de 1 €.
Concrètement, pour une séance cotée en consultation simple à 25 €, vous êtes remboursé 16,50 € par la CPAM, reste alors un ticket modérateur de 7,50 € plus l’euro forfaitaire, susceptible d’être couvert par la mutuelle. Si la consultation d’acupuncture est cotée comme avis spécialisé à 30 €, le remboursement monte à 21 € (toujours 70 %, moins 1 €), laissant un reste à charge plus important si la mutuelle ne couvre pas à 100 % de la BRSS ou au‑delà.
Facturation en secteur 2 et OPTAM : impact sur le reste à charge du patient
En secteur 2, les médecins acupuncteurs sont autorisés à pratiquer des dépassements d’honoraires. La base de remboursement de la Sécurité sociale est alors souvent de 23 € (médecin non OPTAM), avec une prise en charge de 70 %, soit 15,10 € remboursés. Le surplus lié au dépassement d’honoraires (par exemple, séance facturée 60 €) reste en grande partie à votre charge, sauf si la mutuelle prévoit une couverture à 150 %, 200 % ou plus de la BRSS.
L’adhésion du praticien au dispositif OPTAM (Option pratique tarifaire maîtrisée) améliore sensiblement la situation : l’Assurance maladie et les mutuelles incitent alors à consulter ces praticiens en limitant les dépassements. Pour vous, cela se traduit en pratique par un meilleur ratio remboursement / honoraires et, souvent, un encadrement plus strict des dépassements, surtout si votre contrat santé valorise spécifiquement les médecins OPTAM.
Régimes particuliers : fonctionnaires (MGEN), régimes spéciaux (SNCF, RATP) et adaptations de remboursement
Les régimes spéciaux et complémentaires intégrées comme la MGEN (fonction publique), les caisses RATP ou SNCF appliquent la même base de remboursement « Sécurité sociale » pour l’acupuncture médicale : le volet Assurance maladie obligatoire ne varie pas. En revanche, la partie complémentaire intégrée peut être plus généreuse que des mutuelles individuelles classiques, notamment via des forfaits médecines douces ou des prises en charge du ticket modérateur dès le premier euro.
Certains régimes collectifs de grandes entreprises ou de fonctions publiques locales prévoient par exemple un forfait annuel dédié aux médecines alternatives, utilisable pour l’acupuncture, l’ostéopathie ou la sophrologie. Si vous êtes affilié à ce type de régime, ce volet complémentaire joue un rôle essentiel dans le financement de vos séances, en particulier lorsque vous consultez un acupuncteur non conventionné.
Suivi d’affections de longue durée (ALD) : liens entre protocole de soins et séances d’acupuncture
Dans le cadre d’une ALD (affection de longue durée), certains soins en lien direct avec la pathologie sont pris en charge à 100 % de la base de remboursement. Toutefois, l’acupuncture n’est en général pas intégrée comme acte spécifique du protocole de soins. Même pour des pathologies douloureuses (arthrose sévère, cancers, polyarthrite), le plus fréquent reste une prise en charge à 70 % de la consultation médicale, sans exonération particulière pour la part « acupuncture ».
Cela ne signifie pas que l’acupuncture est exclue des parcours ALD : dans de nombreux centres de la douleur ou services d’oncologie, les médecins intègrent des séances d’acupuncture dans l’arsenal thérapeutique. Simplement, ces séances sont valorisées comme consultations ou actes techniques divers. Le rôle de la mutuelle devient alors déterminant pour limiter votre reste à charge sur des protocoles longs, pouvant compter plusieurs dizaines de séances sur une année.
Prise en charge de l’acupuncture par les mutuelles et complémentaires santé : contrats responsables, forfaits et réseaux de soins
Contrats responsables vs non responsables : contraintes légales et marges de manœuvre sur l’acupuncture
Les contrats responsables représentent la grande majorité des complémentaires santé en France. Ils obéissent à un cahier des charges qui encadre la prise en charge du ticket modérateur, des dépassements d’honoraires et du panier 100 % Santé. Pour l’acupuncture, bonne nouvelle : les médecines douces ne sont pas strictement encadrées par ce dispositif. Les assureurs disposent d’une large marge de manœuvre pour proposer des forfaits annuels sans remettre en cause le caractère « responsable » du contrat.
Les contrats non responsables, plus rares, permettent des remboursements très élevés sur certains postes (consultations, hospitalisation) mais perdent l’accès à certaines exonérations fiscales ou sociales pour les entreprises. Sur l’acupuncture, la différence se matérialise plutôt dans le positionnement global : certaines offres haut de gamme, souvent non responsables, intègrent des forfaits bien‑être très significatifs, pouvant atteindre 400 à 600 € par an pour l’ensemble des médecines douces.
Forfaits médecines douces chez harmonie mutuelle, MGEN, MACIF, allianz, maaf, axa : comparatif des plafonds annuels
Les grands acteurs de la complémentaire santé structurent majoritairement la prise en charge de l’acupuncture autour de forfaits annuels. Chez Harmonie Mutuelle ou MGEN, certains niveaux de garantie proposent par exemple un forfait de 100 à 200 € par an, utilisable pour plusieurs disciplines (acupuncture, ostéopathie, chiropraxie). Des contrats MACIF, Maaf, Allianz ou Axa positionnent leurs plafonds entre 80 et 300 € par an selon la gamme.
En pratique, cela signifie souvent un remboursement de 20 à 40 € par séance dans la limite de 3 à 5 séances annuelles. Pour un protocole intensif (par exemple 10 séances à 60 €), le forfait est donc rapidement consommé. La différence entre les mutuelles se joue sur trois variables : montant annuel global, limite par séance et nombre maximal de séances. Une lecture attentive des tableaux de garanties permet de mesurer si votre profil (quelques séances ponctuelles ou suivi régulier) est réellement couvert.
Réseaux de soins (itelis, santéclair, kalixia, carte blanche) et sélection des acupuncteurs partenaires
Les réseaux de soins comme Itelis, Santéclair, Kalixia ou Carte Blanche sont surtout connus pour l’optique, le dentaire ou l’audioprothèse, mais certains commencent à référencer des praticiens de médecines complémentaires. Pour l’acupuncture, cette intégration reste limitée : l’essentiel des partenariats concerne l’ostéopathie, la chiropraxie ou la psychologie. Pourtant, quelques réseaux pilotent désormais des listes d’acupuncteurs « recommandés », avec tarifs plafonnés et formation vérifiée.
Pour vous, l’enjeu est double : s’assurer de la qualité du praticien et bénéficier, lorsque le réseau le permet, de tarifs négociés en dessous des prix du marché. Dans un contexte où une séance d’acupuncture peut coûter entre 35 et 100 €, un réseau de soins peut faire baisser de 10 à 20 € le tarif par séance, ce qui, à l’échelle d’un protocole long, représente plusieurs centaines d’euros économisés.
Interactions entre garantie « actes hors nomenclature » (HN) et remboursement des séances d’acupuncture
Lorsque vous consultez un acupuncteur non médecin ou non conventionné, l’Assurance maladie ne rembourse rien : l’intégralité de la dépense relève alors des actes hors nomenclature (HN). Certaines complémentaires santé prévoient explicitement une garantie HN, sous forme de pourcentage (ex. 30 % des frais réels plafonné à 200 € par an) ou de forfait global de médecines douces.
Cette nuance est importante : un contrat peut très bien afficher « remboursement des consultations de spécialistes à 200 % BRSS » mais exclure les actes HN, ce qui laisserait vos séances d’acupuncture non médicales totalement à votre charge. La mention HN ou « médecines alternatives » dans les garanties est donc un indicateur clé pour évaluer la pertinence d’un contrat lorsqu’un suivi régulier chez un praticien non conventionné est envisagé.
Optimisation de son contrat : lecture des tableaux de garanties et négociation avec son conseiller
Pour optimiser la prise en charge de l’acupuncture, la première étape consiste à analyser précisément le tableau de garanties : existe‑t‑il un poste dédié « médecines douces » ? Inclut‑il explicitement l’acupuncture ? Le plafond est‑il annuel ou par séance ? Certaines complémentaires acceptent d’ajuster légèrement les niveaux de garantie à la demande, surtout dans le cadre des contrats collectifs d’entreprise, lorsqu’un groupe de salariés exprime un besoin commun pour les médecines alternatives.
Une méthode efficace consiste à simuler votre budget annuel d’acupuncture sur 12 mois (nombre de séances prévisionnelles x coût moyen) et à le comparer aux plafonds proposés par 2 ou 3 niveaux de garanties. Dans certains cas, monter d’un niveau de gamme coûte 10 à 15 € de plus par mois mais permet un gain annuel de 200 € sur les remboursements de médecines douces. Le dialogue avec un conseiller reste utile pour clarifier les points flous, notamment la prise en charge des actes HN et les éventuels délais de carence.
Modalités pratiques de remboursement d’une séance d’acupuncture : facturation, justificatifs et télétransmission
Différence entre feuille de soins papier, facture acquittée et note d’honoraires pour les mutuelles
Selon le statut de l’acupuncteur, les documents fournis ne sont pas les mêmes. Un médecin conventionné utilise une feuille de soins électronique (via la carte Vitale) ou, à défaut, une feuille de soins papier, qui sert de base au remboursement par la Sécurité sociale puis, par télétransmission, à la complémentaire. Pour un acupuncteur non conventionné, la seule pièce disponible est une facture acquittée ou une note d’honoraires mentionnant clairement le nom du praticien, la date, le montant et la nature de la séance.
Les mutuelles exigent généralement que le praticien soit identifiable (nom, adresse, numéro SIRET et parfois numéro ADELI ou RPPS) pour rembourser les forfaits médecines douces. Une facture manuscrite sans ces mentions peut être refusée. En cas de doute, il est préférable de vérifier auprès de la complémentaire les éléments requis avant de s’engager dans un suivi avec un nouveau praticien.
Utilisation de la carte vitale, télétransmission noémie et délai moyen de remboursement
Chez un médecin acupuncteur conventionné, la procédure est simple : vous présentez la carte Vitale, la facture est télétransmise via le système Noémie, l’Assurance maladie rembourse sous 3 à 7 jours ouvrés en moyenne, puis la complémentaire intervient automatiquement sous 48 à 72 heures supplémentaires si la télétransmission avec votre mutuelle est bien activée. Ce fonctionnement fluide réduit considérablement les avances de frais, surtout lorsque le médecin pratique le tiers payant.
Lorsque la feuille de soins est papier (pour un praticien peu informatisé ou en cas de panne), il faut l’envoyer à la CPAM, ce qui allonge le délai de remboursement à 2 ou 3 semaines. Le flux vers la mutuelle reste ensuite identique. Pour des séances fréquentes d’acupuncture médicale, cette fluidité de la télétransmission peut faire une vraie différence dans la gestion de trésorerie du foyer.
Cas d’un acupuncteur non conventionné : procédures de demande de remboursement manuel auprès de la complémentaire
Avec un acupuncteur non conventionné, il n’y a aucune télétransmission possible vers la Sécurité sociale. La prise en charge éventuelle se fait exclusivement par la mutuelle, via une demande de remboursement manuelle. Vous devez alors transmettre la facture acquittée (photo, scan ou envoi postal) via l’espace en ligne, l’application mobile ou le courrier, selon les modalités de votre contrat.
Les délais moyens de remboursement varient selon les organismes, mais tournent généralement autour de 3 à 10 jours ouvrés après réception du justificatif. Pour un suivi régulier, il peut être intéressant de regrouper plusieurs factures dans un même envoi, tout en conservant des copies, afin de limiter les démarches administratives. Certaines mutuelles imposent un plafond de remboursement par séance, d’où l’importance de vérifier le tarif pratiqué avant d’engager un protocole long.
Pathologies courantes traitées par acupuncture et variations de prise en charge : douleurs chroniques, FIV, tabac, migraine
Douleurs lombaires, cervicalgies, arthrose : quand les séances peuvent s’intégrer dans un parcours de soins coordonné
Pour les douleurs lombaires, cervicalgies, tendinites et arthrose, l’acupuncture est souvent proposée en complément des traitements médicamenteux, de la kinésithérapie ou des infiltrations. Lorsque ces séances sont réalisées par un médecin acupuncteur conventionné, elles s’intègrent facilement dans le parcours de soins coordonné : avis du médecin traitant, orientation éventuelle vers un centre de la douleur, suivi régulier dans un cadre pluridisciplinaire.
Dans ce cas, la prise en charge par l’Assurance maladie suit les règles classiques de la consultation médecin, avec une couverture à 70 % de la BRSS. Certaines mutuelles renforcent leurs remboursements douleurs chroniques, y compris pour l’acupuncture, car les données de la HAS et de l’OMS mettent en avant un intérêt thérapeutique pour réduire la consommation d’antalgiques et améliorer la qualité de vie. Pour vous, l’enjeu est d’identifier les médecins acupuncteurs intégrés à ces structures coordonnées.
Infertilité, PMA et FIV : pratiques d’acupuncture en soutien aux protocoles du CHU et cliniques de fertilité
De plus en plus de couples en parcours de PMA ou de FIV recourent à l’acupuncture pour améliorer la qualité de vie, gérer le stress ou optimiser certains paramètres (cycle, sommeil, anxiété). Dans certaines cliniques de fertilité et CHU, des séances sont proposées au sein même des services, parfois dans le cadre de protocoles de recherche. Dans ces cas, l’acupuncture est généralement pratiquée par des médecins ou sages‑femmes formés, avec une facturation intégrée au parcours médical.
En ville, les couples consultent souvent des acupuncteurs non conventionnés, spécialistes de la fertilité. Les séances coûtent alors fréquemment entre 60 et 90 € et ne donnent lieu à aucun remboursement Sécurité sociale. Le recours à une mutuelle avec un forfait médecines douces solide devient stratégique, surtout si un protocole intensif est suivi (par exemple 2 séances par semaine autour des ponctions et transferts). Une estimation réaliste du budget annuel est dans ce cas indispensable pour choisir son contrat santé.
Sevrage tabagique, stress, troubles du sommeil : actes non reconnus par la nomenclature et absence de base de remboursement
L’acupuncture est connue pour son intérêt dans le sevrage tabagique, la gestion du stress, l’anxiété et les troubles du sommeil. Toutefois, ces indications ne disposent pas de base de remboursement spécifique dans la nomenclature médicale : les séances ne sont remboursées que si elles prennent la forme d’une consultation médicale conventionnée, et non parce qu’elles traitent le tabac ou le stress.
Pour un suivi réalisé chez un médecin généraliste acupuncteur, il reste possible d’obtenir la prise en charge à 70 % de la consultation, dans le respect du parcours de soins. Mais la plupart des programmes de sevrage tabagique par acupuncture se déroulent chez des praticiens non médecins. Là, la totalité du financement repose sur le forfait médecines douces de la mutuelle ou, à défaut, sur le budget personnel. La rentabilité d’un tel programme dépend alors directement du contrat santé choisi et du prix par séance.
Migraine, céphalées, névralgies : distinction entre indications validées, avis de la HAS et position des mutuelles
Les migraines et céphalées chroniques font partie des indications pour lesquelles l’acupuncture bénéficie d’un niveau de preuve raisonnable, notamment en prévention des crises. Les centres de la douleur et certaines consultations de neurologie l’intègrent de plus en plus dans leurs protocoles, en particulier pour les patients en échec des traitements médicamenteux classiques ou souffrant d’effets secondaires importants.
La HAS prend acte de ces résultats, tout en rappelant que l’acupuncture reste un complément, pas un substitut aux traitements validés. Cette position nuance les politiques de remboursement : la Sécurité sociale n’accorde pas de statut spécifique à l’acupuncture dans la migraine, mais des mutuelles, sensibles aux enjeux de qualité de vie et de réduction de l’absentéisme, renforcent leurs forfaits pour les médecines complémentaires dans ce type de pathologies chroniques, surtout via des contrats collectifs d’entreprise.
Comparer et choisir une assurance santé adaptée à l’acupuncture : méthodologie d’audit et études de cas
Évaluer son profil de soins : fréquence prévue des séances, type de praticien et budget annuel santé
Le premier réflexe consiste à clarifier votre profil d’utilisation de l’acupuncture. S’agit‑il d’une ou deux séances par an pour gérer un pic de stress, ou d’un suivi structuré, par exemple pour lombalgies chroniques ou protocole FIV ? Consultez‑vous plutôt un médecin conventionné, donnant droit au remboursement Sécurité sociale, ou un praticien non conventionné spécialisé, orienté bien‑être ? Ces réponses conditionnent totalement l’intérêt d’un forfait médecine douce élevé.
Une analogie simple aide à raisonner : choisir une mutuelle sans évaluer son usage de l’acupuncture, c’est comme prendre un abonnement illimité de transport pour ne voyager qu’une fois par mois. En estimant un budget annuel (par exemple 10 séances à 60 € = 600 €), vous identifiez clairement le seuil de remboursement nécessaire pour que le surcoût de cotisation soit justifié.
Audit de garanties sur les comparateurs (LeLynx, meilleurtaux, santiane) : filtres spécifiques « médecines douces »
Les comparateurs en ligne comme LeLynx, Meilleurtaux ou Santiane intègrent désormais des filtres dédiés aux médecines douces. Lorsque vous réalisez un comparatif, l’un des points clés est de cocher ce critère et d’examiner finement le détail des forfaits : montant par an, nombre de séances, disciplines couvertes et inclusion ou non de l’acupuncture.
Une vigilance particulière s’impose sur les petites lignes : certains contrats annoncés avec « remboursement des médecines douces » excluent en réalité l’acupuncture ou la limitent à des praticiens listés par un réseau. La consultation des conditions générales et le décryptage des termes comme HN, « soins non conventionnés » ou « actes de bien‑être » sont des étapes indispensables pour éviter des déconvenues après souscription.
Étude de cas : couple en parcours FIV avec protocole d’acupuncture intensif en région parisienne
Imaginons un couple en parcours FIV à Paris, suivant un protocole d’acupuncture de 2 séances par semaine pendant les phases critiques, puis une séance par mois le reste de l’année. Sur 12 mois, cela peut représenter 25 à 30 séances à 80 € en moyenne, soit un budget de 2 000 à 2 400 €. Sans mutuelle adaptée, l’intégralité de cette somme reste à leur charge, la majorité des praticiens PMA en acupuncture étant non conventionnés.
Dans ce scénario, un contrat santé prévoyant un forfait médecines douces de 300 € par an, renouvelable pour chaque membre du couple, permettrait de réduire de 600 € le coût total, tout en améliorant la couverture d’autres postes (hospitalisation, pharmacie). La comparaison de plusieurs offres montre souvent que la différence de cotisation annuelle entre un niveau de garanties standard et un niveau renforcé se situe autour de 150 à 250 €, ce qui, au regard des 600 € récupérés, rend l’option renforcée financièrement rationnelle.
Étude de cas : salarié avec lombalgies chroniques suivi en acupuncture dans un centre de la douleur hospitalier
Autre exemple : un salarié souffrant de lombalgies chroniques est suivi dans un centre de la douleur hospitalier où un médecin anesthésiste pratique l’acupuncture. Les séances sont facturées comme consultations spécialisées à 30 €, remboursées à 70 % par l’Assurance maladie dans le parcours de soins. Avec une mutuelle couvrant à 100 % ou 150 % de la BRSS, le reste à charge se limite à l’euro forfaitaire, sans nécessité de forfait médecines douces supplémentaire.
Dans ce cas, le véritable enjeu d’optimisation ne porte pas sur un forfait bien‑être, mais sur le niveau de remboursement des spécialistes et des soins hospitaliers, ainsi que sur la gestion des arrêts de travail. L’acupuncture, bien qu’au cœur de la prise en charge de la douleur, est ici intégrée au schéma médical classique. Une analyse fine du parcours réel de soins montre ainsi que les besoins en garanties peuvent être radicalement différents d’un patient à l’autre, même lorsque tous deux recourent régulièrement à l’acupuncture.